- un plan d’investissement public de 5 milliards d’euros par an pendant cinq ans pour soutenir la recherche et la diffusion de l’IA en France ;
- des mesures pour ouvrir davantage l’accès aux données ;
- un renforcement de la puissance de calcul disponible sur le territoire ;
- et surtout, une politique de concurrence plus dynamique pour éviter la concentration excessive du secteur.
« L’IA n’est ni une menace ni une panacée — tout dépend des institutions »
Analysant l’histoire de l’intelligence artificielle, Philippe Aghion a rappelé que la rupture actuelle n’est pas seulement technologique mais économique. Contrairement aux révolutions industrielles précédentes, l’IA automatise à la fois la production de biens et la production d’idées, ce qui en fait un levier inédit d’innovation. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : dans une entreprise américaine étudiée récemment, l’introduction de l’IA générative a permis +14 % de productivité en un mois, +25 % en deux mois, sans perte de qualité. Par extrapolation, l’économiste estime que l’IA pourrait augmenter le taux de croissance français de 0,7 à 1,3 point par an pendant dix ans, représentant 250 à 400 milliards d’euros de PIB supplémentaire d’ici 2034. Mais ce potentiel peut vite se transformer en piège. L’exemple des GAFAM, d’abord moteurs de croissance puis facteurs de blocage par concentration excessive, doit servir d’avertissement. Sans cadre concurrentiel adapté, l’IA pourrait devenir un facteur d’enfermement économique, plutôt qu’un levier de souveraineté.
L’emploi : un impact contrasté mais majoritairement positif
Contrairement aux discours alarmistes, sur le marché du travail, l’IA ne se traduit pas par des suppressions massives d’emplois. Une enquête menée auprès de 9 000 entreprises françaises montre que celles qui adoptent l’IA créent en moyenne davantage de postes que les autres. Les emplois administratifs et répétitifs sont les plus exposés, mais les fonctions managériales et créatives sont consolidées. « L’IA libère les travailleurs des tâches routinières pour qu’ils se concentrent sur des activités à plus forte valeur ajoutée », a expliqué l’économiste.
Trois key points à retenir pour réussir la transition
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Encadrer la concurrence, pour éviter la domination de quelques acteurs hégémoniques.
- Renforcer le socle éducatif, afin de permettre la montée en compétence de tous.
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Instaurer une véritable flexi-sécurité, alliant protection des salariés et accompagnement vers de nouveaux métiers.
SON INTERVENTION À (RE)VOIR SANS MODÉRATION :
